• Colombie

Des défenseur·e·s menacé·e·s et assassiné·e·s

Quelques heures après que la population colombienne ait reçu l'ordre de rester chez elle pour arrêter la propagation de la COVID-19, des hommes armés sont arrivés au domicile de Carlota Isabel Salinas Péres.

Carlota est membre de longue date de l'Organización Femenina Popular, qui défend les droits des femmes. Carlota a été emmenée à l'extérieur et abattue.

Au moins 14 autres défenseur.es des droits humains ont été tué.es pendant les mesures de quarantaine en Colombie. Parmi eux figurent les dirigeants autochtones Embera, Omar et Ernesto Guasiruma, de l'Organisation régionale autochtone du Valle del Cauca, qui ont été attaqués alors qu'ils se conformaient à l'ordre du gouvernement de rester chez eux.

Avant la pandémie, la Colombie était déjà l'un des pays les plus dangereux au monde pour les personnes défendant  les droits humains et défiant les puissants. Aujourd'hui, la situation est encore plus dangereuse. Les défenseur.es menacé.es ne peuvent plus se déplacer d'un endroit à l'autre en quête de sécurité. Les attaquants savent où trouver leurs cibles. De plus, certaines mesures de protection précédemment offertes par l'unité nationale de protection ont été réduites en raison de la pandémie.  

Avec votre aide, nous pouvons défendre les défenseur.es, dont le travail est plus que jamais nécessaire afin de dénoncer les violations de nos droits.

Envoyez un message pour demander au gouvernement colombien d'agir. Votre message sera transmis au ministre canadien des affaires étrangères, car le Canada s'est engagé à soutenir et assurer la sécurité des défenseur·e·s des droits humains et entretient des relations étroites avec la Colombie.

Appelez la Colombie à assurer la protection des défenseur·e·s des droits humains !

COURRIEL

Madame la ministre, 

Je suis horrifié.e par le meurtre de Carlota Isabel Salinas Péres, de la très respectée Organización Femenina Popular, le 24 mars à San Pablo, Bolivar, et par le meurtre d'au moins 14 autres défenseur.es des droits humains depuis le début du couvre-feu pour la COVID-19 en Colombie.

La Colombie est l'un des pays les plus dangereux au monde pour les personnes qui défendent les droits humains, la terre, les territoires autochtones et l'environnement. Ces personnes sont confrontées à des risques encore plus grands maintenant que des mesures ont été prises pour répondre à la pandémie.

En raison des restrictions imposées pour contenir la pandémie, les défenseur.es et les leaders communautaires menacé.es ne peuvent pas se déplacer d'un endroit à l'autre pour chercher la sécurité. Leurs agresseurs savent où trouver leurs cibles et savent que leurs protections ont été affaiblies ou qu’elles sont même complètement disparues.

Il est très inquiétant de constater qu'au milieu de la quarantaine, l'Unité nationale de protection a réduit les mesures de protection de certain.es défenseur.es en danger. 

Je vous demande instamment de :

  • Veiller à ce que les mesures prises en réponse à la pandémie ne soient pas utilisées comme prétexte pour affaiblir ou retirer la protection des défenseur.es des droits humains et des leaders sociaux ; 
  • Maintenir les régimes de protection qui avaient été accordés aux défenseur.es et leaders communautaires en danger, avec des protocoles sanitaires adaptés aux circonstances actuelles ; 
  • Assurer la protection des défenseur.es menacé.es et la protection collective des communautés en situation de risque, tout en mettant en œuvre des mesures préventives pour contenir la COVID-19 ;
  • Enquêter sur toutes les menaces et attaques et traduire les auteurs en justice.

En temps de crise, nous avons plus que jamais besoin de défenseur.es des droits humains. Je compte sur vous pour agir avec détermination afin d'empêcher de nouveaux assassinats.

Je vous prie d'agréer, Madame la ministre, l'expression de ma haute considération,