S'informer
Rapport
Guinée |Afrique

Les voyants au rouge à l’approche de l’élection présidentielle de 2020

Violences en Guinée
Téléchargement 
Télécharger le rapport

En septembre 2009 à Conakry, 150  personnes ont été tuées et plus de 100 femmes violées et victimes d’autres formes de violence sexuelle par des membres des forces de sécurité lors d’une manifestation pacifique contre la junte militaire. Dix ans après, la situation en matière de droits humains demeure fragile en Guinée et risque de se détériorer avec la recrudescence des tensions politiques à l’approche des élections présidentielles de 2020.

Le gouvernement du président Alpha Condé dont le second mandat se termine en 2020 a fait un certain nombre de progrès dans la protection des droits humains grâce à des réformes législatives, notamment l’abolition de la peine de mort en 2017, l’incrimination de la torture en 2016 et l’adoption d’une loi sur le maintien de l’ordre lors de rassemblements en 2015. 

Toutefois, les autorités guinéennes ont largement échoué à remédier à la culture de l’impunité pour les violations des droits humains commises par les membres des forces de sécurité. Elles continuent également à réprimer la contestation, notamment en ayant recours à un usage excessif de la force contre les manifestants, en arrêtant des  journalistes et des défenseur·e·s des droits humains, et en portant atteinte aux activités d’associations de défense des droits humains, surtout en période électorale. 

Au moins 20 personnes sont mortes lors des manifestations liées aux élections présidentielles de 2015. En 2018, 19 manifestants et passants sont morts lors de manifestations qui dénonçaient le retard important pris dans l’organisation des élections locales. Depuis novembre 2018, des unités militaires ont été déployées sur les principaux lieux de manifestation à Conakry.

Ce cycle de la violence pourrait déraper avec l’intensification des tensions politiques à l’approche de l’élection présidentielle de 2020. Le président Alpha Condé n’a pas écarté la possibilité de réviser la Constitution pour briguer troisième mandat.

Dans ce rapport, préparée en vue de l’Examen périodique universel (EPU) de la Guinée, qui aura lieu en janvier 2020, Amnesty International examine la mise en œuvre des recommandations faites à la Guinée lors de son deuxième EPU en 2015. Le point est fait sur le cadre national de protection des droits humains ainsi que sur la situation de ces droits sur le terrain et plusieurs recommandations sont formulées pour que le gouvernement renforce la protection des droits fondamentaux et agisse contre les violations et atteintes aux droits humains. 
 

Mis à jour le mercredi, 13 novembre 2019