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Programme de défense des droits humains d’Amnistie internationale à l’intention du nouveau gouvernement du Canada : Défense des droits humains pour tout le monde

 Le changement de gouvernement à la suite de l’élection fédérale d’octobre 2015 doit maintenant donner lieu à une nouvelle approche et renforcer l’engagement à améliorer le bilan national et international du Canada en matière de droits humains. Amnistie internationale l’exprime en publiant aujourd’hui, en cette Journée internationale des droits de l’homme, son Programme de défense des droits humains 2016 à l’intention du Canada, Défense des droits humains pour tout le monde.

« Vu le nombre de personnes confrontées à des menaces à leur bien-être partout dans le monde, les gouvernements se doivent de prendre des mesures énergiques pour protéger et promouvoir les droits humains. Le Canada peut et doit se faire le champion de ces efforts, a affirmé Erika Guevara Rosas, directrice du programme Amériques d’Amnistie internationale. En outre, le Canada a lui-même des problèmes de droits humains urgents qui sont négligés depuis trop longtemps. La résolution de ces problèmes est essentielle pour faire du Canada un solide défenseur des droits humains sur la scène internationale. »

Le Programme de défense des droits humains à l’intention du Canada d’Amnistie internationale présente des recommandations relatives à huit domaines, qui représentent à la fois des problèmes à résoudre et des occasions à saisir pour le premier ministre Trudeau et son gouvernement :

  • Les droits humains dans la politique étrangère canadienne
  • Être à la hauteur de nos obligations internationales
  • Les droits humains des peuples autochtones
  • L’égalité des sexes
  • Droits humains, affaires et commerce
  • La protection des réfugiés
  • Une approche de la sécurité nationale axée sur les droits humains


Célébrer la dissidence et la liberté d’expression

« Le nouveau gouvernement du Canada doit adopter de nouvelles approches à l’égard de chacun de ces enjeux de droits humains, a commenté Alex Neve, secrétaire général d’Amnistie internationale Canada, section anglophone. Il doit notamment soutenir l’universalité des droits humains en signalant les préoccupations en cette matière, quel que soit le pays concerné; établir une relation renouvelée avec les peuples autochtones en donnant suite aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation et en mettant en œuvre la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones; donner à la ministre du Commerce international un mandat en ce qui a trait aux droits humains; adopter un cadre juridique des droits humains à intégrer aux lois sur la sécurité nationale; et faire preuve de leadership en combattant les mythes et les préjugés au sujet des réfugiés. »

Les recommandations concernent le gouvernement canadien dans son ensemble, au-delà des ministères ayant des responsabilités évidentes en matière de droits humains et s’étendent à des préoccupations auxquelles devront répondre la ministre de l’Environnement et du Changement climatique et le ministre du Revenu national.

« Compte tenu de l’étendue des recommandations, le message qui émerge clairement de ce Programme de défense des droits humains, c’est que les droits humains doivent constituer une priorité pour le premier ministre Trudeau et pour l’ensemble des ministres, a souligné Béatrice Vaugrante, directrice générale d’Amnistie internationale Canada francophone. Et au-delà du gouvernement fédéral, Amnistie internationale exhorte le premier ministre à organiser la première réunion regroupant les ministres fédéraux, provinciaux et territoriaux responsables des droits humains depuis 1988. »

Pendant qu’il était dans l’opposition, au cours de la récente campagne électorale et plus récemment, dans les lettres de mandats ministériels et dans son premier discours du Trône, le premier ministre Trudeau s’est engagé à prendre des mesures à l’égard d’un certain nombre d’importants enjeux relatifs aux droits humains. Des mesures rapides et concrètes relativement à ces graves problèmes, dont plusieurs existent depuis trop longtemps, rétabliront notre confiance quant au renouvellement de l’engagement envers les droits humains du gouvernement canadien.

« La communauté internationale est restée perplexe quant au refus du Canada de signer un important traité de droits humains. Le nouveau gouvernement s’est engagé à adhérer au Traité sur le commerce des armes des Nations unies, ce qu’Amnistie internationale lui recommande de faire le plus rapidement possible, a noté Erika Guevara Rosas. Le monde attend aussi depuis 2002 que le Canada ratifie le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture, un traité primordial qui cherche à prévenir la torture au moyen d’inspections dans les prisons. La ratification de ce Protocole facultatif placerait le Canada en position d’exercer une influence majeure dans la lutte contre la torture partout dans le monde. »

« Le rétablissement de la confiance s’opérera aussi par l’entremise d’efforts immédiats de défense des droits des Canadiens, des résidents permanents et  de leurs proches parents qui sont emprisonnés à l’étranger, a indiqué Béatrice Vaugrante. Nous avons hâte de voir le premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et le secrétaire parlementaire faire pression auprès de l’Arabie saoudite pour la libération de Raif Badawi, auprès de la Chine pour la libération de Huseyin Celil et à l’appui d’autres cas préoccupants qui doivent être réglés en Éthiopie, en Iran, en Égypte et aux États-Unis. »

Des problèmes de droits humains au pays nécessitent aussi une attention d’urgence.

« Amnistie internationale salue l’engagement clair du gouvernement, réitéré dans le discours du Trône, de lancer une enquête publique sur la violence contre les femmes et les filles autochtones, une situation qui représente une crise de droits humains sans précédent, a déclaré Béatrice Vaugrante. Les familles des femmes et des filles autochtones assassinées et disparues attendent une intervention depuis des années et il est impératif, aujourd’hui, qu’elles participent activement à la détermination du mandat et de l’approche qui seront adoptés pour cette enquête. »

« L’une des premières promesses électorales prises par le gouvernement a été de s’engager à réinstaller 25 000 réfugiés syriens au Canada. C’est un bel exemple à suivre pour les autres pays, face à cette crise humanitaire et de droits humains qui ne cesse de s’amplifier et continue de forcer les Syriens à fuir leur domicile, a remarqué Alex Neve. Amnistie internationale presse le Canada de lever les restrictions imposées à la réinstallation des hommes célibataires syriens. Le Canada doit aussi profiter de l’ouverture évidente qui émerge pour s’engager et diriger les efforts visant la mise en place d’une réponse mondiale, fondée sur les droits, à l’intensification de la crise des réfugiés syriens. »

Amnistie internationale attend aussi des signes immédiats de la part du nouveau gouvernement qui démontreront sa nouvelle approche de protection des droits des peuples autochtones. « Nous avons déjà pressé le premier ministre Trudeau ainsi que la première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark, de voir à ce que la construction du barrage hydroélectrique du site C, dans le Nord de la Colombie-Britannique, n’aille pas de l’avant sans tenir compte de la nette opposition des Premières Nations touchées, a relaté Erika Guevara Rosas. Interrompre le projet du site C enverrait le message clair que les propos au sujet d’une nouvelle relation fondée sur le respect des droits issus de traités et de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones représentent bel et bien un engagement sincère et concret. »

La liste des problèmes de droits humains nécessitant l’attention du gouvernement canadien s’est allongée au cours des dernières années. C’est maintenant l’heure de dresser une nouvelle liste : la liste des problèmes de droits humains résolus, a conclu Amnistie internationale. Les Canadiens et la communauté mondiale doivent savoir que la priorité du Canada est de défendre les droits humains pour tout le monde.

Pour en savoir plus

Défense des droits humains pour tout le monde : Programme de défense des droits humains à l’intention du Canada

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018