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Communiqué 
international
Pakistan

Il faut protéger la liberté religieuse des hindous

Les autorités pakistanaises doivent protéger le droit à la liberté de religion et de croyance de la communauté hindoue assiégée du pays, ce qui englobe la construction de temples permettant d’exercer ce droit, a déclaré Amnistie internationale le 7 juillet 2020.

L’appel d’Amnistie internationale intervient alors que les autorités d’Islamabad ont cédé à la pression d’une campagne discriminatoire menée par des responsables politiques, des médias et des dignitaires religieux pour stopper la construction d’un rare temple dans la capitale pakistanaise. Le mur d’enceinte du site où le temple est censé être bâti a également été démoli par la foule.

« Le fondateur du Pakistan, Muhammad Ali Jinnah, a promis aux hindous du pays que le droit à la liberté de religion serait respecté. Ceux qui refusent à une communauté longtemps marginalisée le droit de pratiquer librement leur foi trahissent son héritage et bafouent également les droits fondamentaux des minorités religieuses protégés par la Constitution pakistanaise et par les obligations internationales relatives aux droits humains, a déclaré Omar Waraich, directeur pour l'Asie du Sud à Amnistie internationale.

« Le Pakistan a attiré l’attention du monde entier l’an dernier pour un événement positif, l’ouverture du temple sikh de Kartarpur aux pèlerins venus d’Inde. En cédant à la pression de la haine, il risque de revenir en arrière par rapport à cette avancée et de renforcer la discrimination que subit la communauté hindoue pakistanaise. »

La destruction du site du temple hindou est un nouvel exemple de la discrimination persistante à laquelle est confrontée la communauté hindoue au Pakistan. Depuis quelques années, les hindous sont en butte à une marginalisation accrue, certains étant accusés à tort de « blasphème », une infraction qui emporte la peine capitale obligatoire au Pakistan ; des temples et des boutiques sont attaqués et des centaines de jeunes femmes hindoues sont enlevées, converties de force et mariées de force.

En 2019, lors de deux événements distincts, des foules ont attaqué des biens appartenant à des Hindous et des lieux de culte dans la province du Sind, dans le sud du pays, après que le principal d’une école hindoue et un vétérinaire hindou ont été visés par des accusations de « blasphème ».

« Les autorités pakistanaises doivent condamner fermement et publiquement ces actes au lieu de céder aux pressions. Chaque acte de violence signalé contre des minorités doit faire l’objet d’une enquête dans les meilleurs délais en vue de traduire en justice les responsables présumés. La répétition de tels actes ne pourra être empêchée que si des mesures appropriées sont prises », a déclaré Omar Waraich.
 
Au Pakistan, les accusations de « blasphème » sont fréquemment formulées sur la base de preuves minces ou inexistantes. Il existe tout un ensemble de preuves accablantes montrant que les lois pakistanaises relatives au blasphème violent les droits humains et encouragent les gens à rendre la justice eux-mêmes. Quand une personne est accusée, elle se retrouve piégée dans un système qui lui offre peu de protection, où elle est présumée coupable et qui ne la met pas à l'abri de ceux qui veulent utiliser la violence.

Le Premier ministre Imran Khan a pris à plusieurs reprises l’engagement de protéger les minorités religieuses du Pakistan. En février 2020, il a déclaré : « Je veux avertir notre peuple que quiconque au Pakistan s’en prend à nos citoyens non-musulmans ou à leurs lieux de culte sera traité avec sévérité. Nos minorités sont des citoyens égaux de ce pays. »

« Le Premier ministre Imran Khan doit donner du poids à ses engagements envers la liberté religieuse pour tous et garantir que les minorités religieuses hindoues et autres au Pakistan puissent pratiquer leur foi librement et sans crainte », a déclaré Omar Waraich.

Complément d’information    

Les hindous constituent la minorité non-musulmane la plus importante du Pakistan, représentant entre 2 et 4 % de la population. Ils comptent dans leurs rangs des députés, un ancien président de la haute cour, des militaires et des personnalités éminentes du monde des arts.

Dans un discours historique sur la liberté religieuse, le fondateur du Pakistan Muhammad Ali Jinnah a déclaré en août 1947 : « Vous êtes libres ; vous êtes libres d’aller dans vos temples, libres d’aller dans vos mosquées ou dans tout autre lieu de culte dans cet État du Pakistan. Vous pouvez appartenir à toute religion, toute caste, toute croyance, cela ne relève en rien des affaires de l’État. »

 

Pour plus d’information, veuillez contacter : 

Khoudia Ndiaye | Directrice des communications et stratégies 

kndiaye@amnistie.ca | 514 766-9766 poste 5230 

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Mis à jour le mardi, 7 juillet 2020