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Communiqué 
international
Roumanie

Des centaines de Roms risquent de se retrouver sans abri à Baia Mare, en Roumanie

Des centaines de personnes, appartenant pour la plupart à la minorité rom, risquent d'être expulsées de force par les autorités à Baia Mare, dans le nord-ouest de la Roumanie. Les habitants de quartiers informels n’ayant pas de papiers d’identité enregistrés à Baia Mare ont été menacés d’expulsion et leurs logements pourraient être démolis.

Le 23 août, dans un entretien accordé au journal en ligne eMaramures, le maire de Baia Mare a fait part de son projet d’expulser des « centaines » de Roms et d’autres personnes socialement défavorisées vivant dans quatre secteurs de Baia Mare. Le maire a ainsi déclaré :

« Nous mènerons, la semaine prochaine au plus tard, une opération consistant à déloger les personnes vivant à Craica, Pirita, Ferneziu et même à Horea qui ne sont pas de Baia Mare et habitent dans notre ville en toute illégalité. Leur nombre est assez élevé, plusieurs centaines. »

Le maire a ajouté que ces expulsions s’accompagneraient de la démolition de logements afin d'empêcher d'autres personnes de s’y installer. Selon les médias, des personnes et des familles non enregistrées à Baia Mare seront renvoyées vers leur lieu de résidence d’origine et se verraient interdire tout retour en ville.

Amnistie internationale, Romani CRISS et Sanse Egale sont vivement préoccupées par les déclarations faites par le maire de Baia Mare. Si elles procédaient à cette expulsion forcée, les autorités porteraient atteinte aux normes internationales et régionales en matière de droits humains, en particulier le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) et la Charte sociale européenne.

Aux termes du droit en matière de droits humains, l’expulsion ne doit avoir lieu qu’en dernier ressort, doit être précédée par une véritable consultation des populations concernées, et les personnes visées doivent être notifiées suffisamment à l’avance et être indemnisées pour les pertes occasionnées. Les autorités sont par ailleurs tenues de trouver des solutions de relogement adaptées à ceux qui ne sont pas en mesure de le faire.

Des membres des populations concernées ont déclaré à Romani CRISS et Sanse Egale qu’ils n’avaient pas été informés des projets de la municipalité et qu’ils n’avaient pas été consultés.

Ces ONG ont par ailleurs critiqué l’intention du maire de prendre en particulier pour cibles les personnes dont la carte d'identité n’a pas été délivrée par la municipalité de Baia Mare. Si elles étaient menées à bien, ces expulsions constitueraient une mesure punitive contre des personnes ne disposant pas du statut de résident, et seraient illégales au titre du PIDESC, qui a force obligatoire en Roumanie.

Amnistie internationale, Romani CRISS et Sanse Egale notent avec inquiétude qu’il s’agit là de la deuxième tentative des autorités de Baia Mare d’expulser des Roms vivant dans des camps. L’an dernier en juillet, celui qui était alors maire adjoint avait annoncé un projet de démolition de maisons et d'expulsion d’environ 200 familles roms du quartier informel de la zone de Craica.

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018