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Communiqué 
international
Ouganda

Ouganda. Les poursuites à l’encontre de chefs de file de l’opposition doivent être abandonnées

Les autorités ougandaises doivent abandonner toutes les poursuites pénales engagées à l’encontre de plusieurs chefs de file de l’opposition qui ont été détenus temporairement lundi 11 avril parce qu’ils avaient participé à des manifestations à Kampala, la capitale, a déclaré Amnistie internationale le même jour.

Ces personnalités politiques de l’opposition – ainsi que des militants et des sympathisants – ont été arrêtées lors de rassemblements appelant les Ougandais à se rendre à pied à leur travail pour protester contre la hausse du prix du carburant. Elles ont été, pour la plupart, libérées sous caution mais font toujours l’objet de poursuites pénales.

« La répression de ce rassemblement et la force utilisée contre les manifestants sont un terrible affront à la liberté d’expression, rendu possible par l’interdiction injuste des rassemblements publics [dans le pays], a indiqué Godfrey Odongo, chercheur spécialiste de l’Ouganda à Amnistie internationale.

« Le gouvernement ougandais ne doit pas engager de poursuites pénales à l’encontre de personnes qui participent à des manifestations pacifiques, et toutes celles qui sont encore en garde à vue doivent être libérées. »

Parmi les personnes arrêtées figuraient Kizza Besigye, dirigeant du Forum pour un changement démocratique (FDC), Norbert Mao, dirigeant du Parti démocrate (DP), et quatre parlementaires de l’opposition nouvellement élus, affilés au FDC.

Ces personnes, libérées sous caution après plusieurs heures de détention, sont accusées d’une série d’infractions, notamment d’« incitation à la violence » et d’« organisation de rassemblements illégaux ».

La police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants qui, selon elle, jetaient des pierres. Des témoins oculaires ont expliqué à Amnistie internationale que les manifestants avaient commencé à lancer des cailloux après que la police eut entrepris de perturber le rassemblement, qui avait débuté de manière pacifique.

Depuis la fin des élections générales de février 2011, la police ougandaise interdit catégoriquement toutes les réunions et manifestations publiques, sous prétexte d’assurer la sécurité publique.

Cette interdiction concerne tout particulièrement les manifestations et rassemblements publics qui semblent destinés à contester le processus électoral et les politiques gouvernementales actuelles.

« La perturbation des manifestations pacifiques et l’interdiction des rassemblements publics violent les droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique garantis par la Constitution ougandaise et le droit international, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques – auquel l’Ouganda est partie », a ajouté Godfrey Odongo.

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018