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Communiqué 
international
Malawi

Le Malawi doit libérer des militants placés en détention

Les autorités du Malawi doivent libérer immédiatement et sans condition cinq militants placés en détention au terme d’une manifestation pacifique qui s’est déroulée dans la capitale, Lilongwe, le 14 octobre, a déclaré Amnistie internationale lundi 17 octobre.

Ces cinq militants sont accusés d’avoir organisé une manifestation illégale devant le Parlement malawien. D’après la police, ils n’avaient pas obtenu l’autorisation de manifester, comme l’exige la Loi relative à la police.

« Le maintien en détention de ces militants ne s’appuie sur aucun fondement. Il semble qu’ils aient été interpellés uniquement pour avoir exercé leur droit de manifester pacifiquement, a indiqué Erwin van der Borght, directeur du programme Afrique d’Amnistie internationale.

« Nous les considérons comme des prisonniers d’opinion et demandons leur libération immédiate et inconditionnelle. »

Il s’agit de Billy Mayaya, membre de l’Église presbytérienne d'Afrique centrale - Synode de Nkhoma, de Habiba Osman, avocate à Norwegian Church Aid, une ONG internationale de développement, de Brian Nyasulu, de Ben Chiza Mkandawire et de Comfort Chitseko.

Tous les cinq sont retenus dans des postes de police de Lilongwe.

On craint que Brian Nyasulu n’ait pas pu bénéficier de soins médicaux pour son diabète depuis qu’il est en détention.

Les militants ont été arrêtés vendredi 14 octobre à la fin d’une petite manifestation visant à exhorter le président Bingu wa Mutharika à organiser un référendum sur une élection anticipée.

Les manifestants réclamaient également la démission de l’inspecteur général de la police Peter Mukhita et la tenue d’une enquête sur son implication présumée dans la mort de Robert Chasowa, étudiant militant, au mois de septembre.

Au cours des derniers mois, le gouvernement du Malawi a fait preuve d’une intolérance croissante envers les manifestants.

En juillet, au moins 18 personnes ont été tuées et de nombreuses blessées lorsque la police a ouvert le feu sur les manifestants anti-gouvernementaux, dans plusieurs villes du pays.

Depuis lors, plusieurs défenseurs malawiens des droits humains ont reçu des menaces de mort et ont été contraints de se cacher.

En septembre, des cocktails Molotov ont été lancés contre les maisons ou les bureaux de plusieurs détracteurs du gouvernement, dont l'opposant politique Salim Bagus et les militants Rafiq Hajat et Rev Macdonald Sembereka.

« Depuis les manifestations du 20 juillet, nous assistons à une montée de l’intolérance vis-à-vis de la dissidence au Malawi. La plupart des défenseurs des droits humains vivent dans la crainte d’être arrêtés ou agressés par des membres du Parti démocratique progressiste, au pouvoir, a expliqué Erwin Van Der Borght.

« Les autorités du Malawi doivent en finir avec ce climat de peur et faire respecter les droits à la liberté de réunion et d’expression. »

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018