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Communiqué 
international
Inde

L’homicide de la militante écologiste Shehla Masood, à Bhopal, doit faire l’objet d’une enquête

Les autorités indiennes et celles du Madhya Pradesh doivent diligenter une enquête approfondie sur l’homicide de Shehla Masood – une défenseure des droits fondamentaux qui tentait de révéler les violations des lois environnementales commises dans le cadre de projets d’infrastructure urbaine et s’opposait à des projets miniers dans le centre de l’Inde – et poursuivre les responsables présumés de cet acte, a déclaré Amnistie internationale mardi 23 août.

Cette femme âgée de 35 ans a été abattue le 16 août devant son domicile, au moment où elle quittait les lieux dans sa voiture pour se rendre à une manifestation anticorruption à Bhopal, la ville du Madhya Pradesh dont elle était originaire. Les autorités de cet État du centre de l’Inde ont déclaré qu’elles allaient demander au Bureau central d’enquêtes (CBI) de mener les investigations sur l’homicide de Shehla Masood.

Celle-ci avait formulé plusieurs requêtes, dans le cadre de la Loi relative au droit à l’information, afin d’obtenir des renseignements sur les violations des lois environnementales et l’impact négatif de la pollution engendrée par les infrastructures urbaines de Bhopal sur les populations locales. L’année dernière, elle s’était plainte aux autorités d’avoir été menacée par un policier. Cette année, elle leur a écrit des lettres pour s’opposer à des projets miniers dans les forêts protégées du district de Chhattarpur (État du Madhya Pradesh).

Ces dernières années, plusieurs militants en faveur des droits sociaux ont été pris pour cible après qu’ils ont utilisé la Loi relative au droit à l’information pour révéler des violations des droits humains et une mauvaise gouvernance, notamment des actes de corruption. Ces faits ont été confirmés par la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme lors de sa visite en Inde, en janvier 2011.

Les attaques les plus récentes ont eu lieu le 2 mars. Ce jour-là, Niyamat Ansari, militant en faveur des droits sociaux, a été enlevé et tué au Jharkhand, un État de l’est de l’Inde, après s’être appuyé sur la législation en question pour mettre au jour un détournement de fonds initialement destinés au programme national d’emploi minimal garanti pour les populations rurales pauvres.

Des organisations indiennes de défense des droits humains ont demandé aux autorités d’adopter une nouvelle loi qui accorderait une protection juridique aux militants menacés après avoir formulé des requêtes en vue d’obtenir des informations cruciales ayant une incidence sur les moyens d’existence des populations locales.

Amnistie internationale appelle les autorités indiennes à :
• diligenter une enquête rapide, approfondie et impartiale sur l’homicide de Shehla Masood et de traduire en justice les responsables présumés de cet acte dans le cadre d’une procédure conforme aux normes internationales d’équité des procès ;
• prendre toutes les mesures nécessaires pour que les défenseurs des droits humains et les militants en faveur des droits sociaux puissent mener leurs activités légitimes et pacifiques sans craindre de faire l’objet d’actes de harcèlement ni de manœuvres d’intimidation.

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018