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Communiqué 
international
Honduras

La vie d’un dirigeant communautaire hondurien est en danger

Les autorités honduriennes doivent de toute urgence déterminer où se trouve un dirigeant communautaire qui a été enlevé et déférer ses ravisseurs à la justice, a déclaré Amnistie internationale mardi 11 octobre, alors que sa famille et ses amis continuent de réclamer sa libération.

Le 30 août, deux hommes armés non identifiés, cagoulés, ont contraint José Reynaldo Cruz Palma, 49 ans, à descendre d’un minibus dans la ville de San Pedro Sula, dans le nord du pays. Ils l’ont alors menotté et emmené dans un pick-up. On est sans nouvelles de lui depuis cette date.

Son épouse, qui voyageait avec lui, a assisté à son enlèvement.

« Jusqu’à présent, on n’a eu aucune nouvelle de lui, nous n’avons reçu aucune réponse, ni de l’État ni de personne d’autre, a expliqué à Amnistie internationale l’épouse de José Reynaldo Cruz Palma, qui a préféré garder l’anonymat.

« Ils l’ont pris vivant, nous voulons le revoir en vie. Les ravisseurs de mon époux demeurent impunis. J’ai peur pour ma famille et je crains pour nos vies. »

Les membres de la communauté du quartier de José Reynaldo Cruz Palma et ses proches ont réclamé sa libération lors de marches organisées à San Pedro Sula et dans la capitale Tegucigalpa en septembre.

On ignore qui a commandité son enlèvement ; selon ses proches, aucune demande de rançon ne leur a été adressée et ils soupçonnent la police d’être mêlée à l’affaire.

En effet, José Reynaldo Cruz Palma a dénoncé les violences policières dont sont victimes les jeunes de la région. Lorsqu’il a fait part de ses préoccupations quant à la brutalité policière lors d'un rassemblement public organisé le 27 août, un policier présent sur les lieux l’a averti en ces termes : « Boucle-la, parce qu'on te considère comme le chef d'une bande criminelle. »

Le 30 septembre, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a appelé les autorités honduriennes à prendre sans délai des mesures afin de déterminer ce qu’il est advenu de José Reynaldo Cruz Palma, d’assurer sa protection et d’enquêter sur les circonstances de son enlèvement.

La Commission a donné cinq jours au Honduras pour répondre à sa requête.

À la connaissance d’Amnistie internationale, aucune mesure n’a été prise en vue de mettre en œuvre les recommandations de la Commission.

« Nous sommes très inquiets. Plus d’un mois s’est écoulé depuis l’enlèvement de José Reynaldo Cruz Palma et les autorités du Honduras n’ont rien entrepris de concret pour le retrouver et traduire les responsables présumés en justice, a indiqué Guadalupe Marengo, directrice adjointe du programme Amériques d’Amnistie internationale.

« Prendre pour cibles les militants locaux, en les kidnappant ou en les menaçant, témoigne d’un mépris flagrant envers les droits fondamentaux. Les autorités doivent faire clairement savoir qu’elles ne toléreront pas de tels agissements. »

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018