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Communiqué 
international
Arabie saoudite

Nouvelle arrestation pour un militant des droits humains en Arabie saoudite

Les autorités saoudiennes doivent immédiatement libérer un défenseur des droits humains incarcéré s’il s’avère qu'il a été placé en détention en raison de son action militante pacifique, a déclaré Amnistie internationale vendredi 14 octobre.

Fadhel Maki al Manasif, 26 ans, a été appréhendé le 2 octobre non loin de la ville de Safwa, dans la province de l'Est. Il n’a pour l’instant pas pu s’entretenir avec un avocat ni été autorisé à recevoir la visite de sa famille. Comme de nombreuses autres personnes maintenues en détention par les autorités saoudiennes, il risque d'être victime de torture et d’autres types de violations des droits humains.

« Les autorités saoudiennes semblent déterminées à écraser toute forme de contestation dans le pays », a déploré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnistie internationale.

« Il faut que les éventuelles charges retenues contre Fadhel Maki al Manasif soient rendues publiques. S’il est uniquement incarcéré en raison de son action pacifique en faveur des droits humains, il convient de le libérer immédiatement et sans condition », a-t-elle ajouté.

D’après certaines sources saoudiennes, Fadhel Maki al Manasif a publiquement dénoncé le traitement infligé aux membres de la minorité chiite du pays.

Depuis des années, il suit de près des affaires de discrimination et de détention sans inculpation ni jugement concernant des chiites et écrit aux autorités à ce propos.

Du point de vue d’Amnistie internationale, il est probable que cet homme soit un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé de manière pacifique son droit à la liberté d’expression.

Fadhel Maki al Manasif se trouve actuellement à la prison des Renseignements généraux à Dammam, la capitale de la province de l'Est.

Il a été autorisé à téléphoner brièvement à sa famille lundi 10 octobre afin de l’informer de son lieu de détention ; il est en revanche privé de tout contact avec le monde extérieur depuis lors.

Il avait déjà été arrêté en mai 2011 en relation avec des actions de protestation s’étant déroulées dans la province, mais a été libéré en août après avoir, semble-t-il, signé un document selon lequel il s’engageait à ne pas participer à d'autres manifestations.

Les personnes qui critiquent le gouvernement saoudien courent le risque de subir des violations flagrantes des droits humains. Elles sont souvent détenues au secret sans inculpation, parfois à l’isolement, ne sont pas autorisées à consulter un avocat ou sont privées de la possibilité de contester la légalité de leur détention devant un tribunal.

La torture et d’autres formes de mauvais traitements sont fréquemment employées dans le but d’extorquer des « aveux » à des détenus, de les punir d’avoir refusé de se « repentir » ou de les forcer à s’engager à ne pas critiquer le gouvernement.

En Arabie saoudite, la détention au secret est souvent prolongée jusqu’à l’obtention d’« aveux », si bien qu’elle peut durer plusieurs mois, voire plusieurs années.

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018