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Affaire Arar : des élus américains s'excusent

Agence France-Presse / Washington - Des parlementaires américains ont présenté leur excuses à Maher Arar, arrêté en 2002 lors d'une escale à New York sur des soupçons erronés de terrorisme et expulsé vers la Syrie, où il a été torturé et emprisonné pendant plus d'un an.
 
«Permettez-moi de vous présenter mes excuses, à vous et au peuple canadien, pour le rôle de notre gouvernement dans cette erreur tragique», a déclaré Bill Delahunt, élu démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, imité ensuite par ses collègues présents.
 
Encore considéré comme dangereux par le gouvernement américain, M. Arar a témoigné par vidéoconférence depuis Ottawa, pour évoquer sa détention cauchemardesque et la colère et les angoisses qui l'habitent depuis.
 
M. Arar a été arrêté en septembre 2002 lors d'une escale à New York entre la Tunisie et le Canada. Les autorités canadiennes l'ont alors décrit par erreur comme un «extrémiste islamiste», tout en précisant qu'elles n'avaient pas suffisamment de preuves pour garantir son maintien en détention au Canada.
 
Sans avoir pu rencontrer d'avocat ou de représentant consulaire canadien, M. Arar a alors été envoyé contre son gré en Syrie.
 
«La question la plus fondamentale n'a toujours pas de réponse: pourquoi le gouvernement américain m'a-t-il envoyé en Syrie et non pas au Canada», a insisté M. Arar devant les parlementaires. Sa plainte contre le gouvernement américain, rejetée en première instance, est actuellement examinée en appel.
 
Après des années d'enquête, une commission canadienne a lavé M. Arar de tout soupçon de terrorisme, et le gouvernement canadien lui a présenté ses excuses et offert un dédommagement de quelque 11 millions de dollars.

Mis à jour le lundi, 22 octobre 2018