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Haïti

Haïti. Craintes pour la sécurité d'un défenseur des droits humains.

AU 66/19
AMR 36/0343/2019
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Agissez avant 
le 12 juillet 2019
À qui envoyer 

Jean Roudy ALY
Ministre de la Justice et de la Sécurité publique

18 Avenue Charles Summer,
Port-au-Prince, Haïti
Courriel : rudly@yahoo.com

Son Excellence M. O. Andre Frantz LIAUTAUD (m)
Ambassadeur
Ambassade de la République d'Haïti
85 Albert Street, Suite 1110
Ottawa, ON K1P 6A4
Canada
Tel: (613) 238-1628, 1629 Fax: (613) 238-2986

Date de debut de l'action 
le 21 mai 2019
Contexte 

Le 26 avril, deux hommes à moto, appartenant vraisemblablement à une bande locale, ont fait des tours des abords du bureau de Pierre Espérance, un défenseur des droits humains haïtien de premier plan, à Port-au-Prince. Pierre Espérance a déclaré que plusieurs sources l’avaient informé que des menaces de mort avaient récemment été formulées contre lui et que la police en avait connaissance. Il avait déjà reçu des menaces de mort en 2018 et, en 2014, une lettre contenant une balle de pistolet avait été envoyée aux bureaux de son organisation. Nous demandons aux autorités haïtiennes de lui fournir une protection efficace, dans le respect de ses souhaits, et de diligenter immédiatement une enquête sur ces menaces.

Autres informations 

Ces derniers mois, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), l’organisation que dirige Pierre Espérance, a publié des rapports sur les homicides d’au moins 71 personnes perpétrés le 13 novembre 2018 dans le bidonville de La Saline. Le RNDDH affirme que ces homicides ont été perpétrés par des bandes criminelles armées avec la complicité de l’État.

L’organisation a également publié un rapport sur les atteintes aux droits humains commises lors des manifestations organisées en février 2019 en Haïti après la diffusion d’informations selon lesquelles de hauts représentants de l’État étaient impliqués dans le détournement de milliards de dollars issus d’un programme pétrolier du Venezuela en faveur de Haïti. Le RNDDH a conclu qu’au moins 40 personnes avaient été tuées, dont 17 de balles dans la tête. En mars, la Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a déclaré que les manifestations avaient fait 41 morts et 100 blessés.

Au début du mois de mai 2019, le RNDDH a publié un autre rapport sur les morts parmi la police et la population, attribuant ces homicides principalement à des membres de bandes criminelles.

Au titre de la Déclaration des Nations unies de 1998 sur les défenseurs des droits de l’homme, les autorités haïtiennes ont l’obligation d’assurer la protection des défenseur·e·s des droits humains, de mener des enquêtes exhaustives sur les attaques commises à leur encontre et de traduire en justice les responsables présumés de ces agissements. Elles sont également tenues de veiller à ce que les défenseur·e·s des droits humains puissent faire leur travail sans crainte de représailles.

Mis à jour le mardi, 18 juin 2019