• Cuba

Maykel Castillo Pérez - Livres comme l'Air

Portrait de l'auteur

Maykel Castillo Pérez, connu sous son nom de scène Maykel Osorbo,  est un musicien cubain et militant pour les droits humains. Il est l’un des auteurs de la chanson « Patria y Vida », qui critique le gouvernement cubain et a été adoptée comme hymne des manifestations. Il a été arrêté en mai 2021 et reste depuis détenu au secret, malade, sans date de procès et sans modification de son dossier. En 2019, Amnistie internationale a déclaré Maykel comme prisonnier d‘opinion, avec 5 autres personnes, comme geste symbolique pour les centaines d’autres qui méritent probablement la même désignation face à la politique de répression menée par le gouvernement cubain. 

Signez la pétition pour demander aux autorités qu'elles libèrent Maykel immédiatement et sans conditions !

LIVRES COMME L'AIR

Dans le cadre du projet Livres comme l’Air, des écrivains québécois témoignent leur solidarité à des écrivains emprisonnés ou menacés à travers le monde en leur rédigeant des dédicaces. 

VOIR TOUS LES AUTEURS

Metropolis Bleu

Né au Chili, Nicholas Dawson est écrivain, éditeur et doctorant en études et pratiques des arts (UQAM). Auteur de La déposition des chemins (La Peuplade, 2010), d’Animitas (La Mèche, 2017) et de Désormais, ma demeure (Triptyque, 2020), il a également codirigé l’ouvrage collectif Se faire éclaté·e. Expériences marginales et écritures de soi (Nota Bene, 2021). Aux éditions Triptyque, il dirige la collection Poèmes. Il est, depuis 2021, le rédacteur en chef de la revue Mœbius. 

Maykel, 

C’est depuis le Nord que je t’écris, depuis ce coin blanc et froid de l’Amérique qui a accueilli ma famille il y a 35 ans, et à partir duquel nous peinons à entendre le Sud de nos origines tant les fossés sont grands. Tu as raison de l’écrire : « entre tu y yo hay un abismo » qui sépare nos expériences, mes libertés de tes contraintes. C’est que le continent tout entier est plein de gouffres creusés par les génocides, l’esclavage, la répression, les dictatures et les exils. Nombreux, les abîmes sont aussi des espaces de relation que nous remplissons de récits solidaires, parce que « somos artistas, somos sensibilidad ». Les frontières et les murs qui nous enferment, nous les souhaitons troués par nos mots et nos chants. Depuis ce Nord privilégié, je souhaite, hermano, que l’amour que je t’envoie te rappelle les airs et les paroles que ton peuple chante en ton honneur, depuis les rues de Cuba jusqu’aux extrémités de l’Amérique.  

Solidairement, 

Nicholas Dawson, Montréal, avril 2022  

Salon du livre de Trois-Rivières

Ghislain Taschereau est un touche-à-tout qui jongle dans le milieu artistique depuis plus de trente ans. Il est écrivain, comédien, narrateur et réalisateur, mais il se définit d’abord comme un individu. À la télévision et à la radio, Ghislain s’est surtout fait connaître avec le groupe humoristique Les Bleu Poudre. Auteur de dix romans publiés chez différents éditeurs, il s’amuse désormais avec les Éditions de l’Individu qui lui permettent d’exprimer librement sa créativité sans s’enfarger dans les bonnes manières ni les normes socialement acceptables.

Un peuple est semblable à un corps humain. Comme lui, il se maintient en vie en essayant de s’alimenter le plus régulièrement possible, de dormir à l’abri, de ne pas abuser des bonnes choses et de ne pas se mettre inutilement en danger. C’est bien beau d’assurer sa survie, mais il a aussi besoin de s’accomplir, le peuple, de faire quelque chose d’autre de sa peau que de chercher un toit et de la nourriture. Donc il s’active, il bizoune, il étudie, il crée, il invente, il réinvente...Bien entendu, il cherche aussi le plaisir, alors il chante, il danse, il joue, il aime...

Tous les organes du corps humains sont interdépendants. Nul ne saurait vivre sans cœur, sans foie, sans poumons, sans reins, sans cerveau... À moins d’être violemment masochiste et suicidaire, il ne viendrait à personne l’idée de s’enfarger soi-même, de se casser les rotules, de s’amputer d’un membre, de se couper les doigts, de se crever les yeux à coups de crayons, de s’étouffer en avalant ses écrits ou de s’égorger pendant qu’on est en train de chanter.

La tête d’un peuple ne doit jamais le priver de sa main, de sa voix, de ses idées, de son cœur. Toujours, la tête doit servir le corps.

Libérez Maykel Osorbo.