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Livres comme l'Air 2021 - Trân Huynh Duy Thuc

PORTRAIT DE L'AUTEUR

Trần Huỳnh Duy Thức est un poète, un blogueur et un écrivain vietnamien. Co-auteur d’un livre interdit, il a également publié des poèmes et des articles sur ses divers blogues.

Arrêté en mai 2009, il est condamné en janvier 2010 à 16 ans de prison pour avoir « véhiculé de la propagande contre l’État socialiste de Hanoi » et pour avoir « mené des activités destinées à renverser l’administration populaire ». En mai 2016, il a été déporté dans un camp à 1 400 km environ de la ville où vit sa famille. En 2018, il a fait une grève de la faim pendant 33 jours pour protester contre les mauvaises conditions de détention. Il a refusé de partir en exil, condition exigée par les autorités pour sa libération anticipée. 

Jumelé à Monia Mazigh

Dr. Monia Mazigh est une auteure et universitaire canadienne née en Tunisie. Elle est établie au Canada depuis 1991. Trilingue, elle parle couramment l’arabe, le français et l’anglais et détient un doctorat en finance de l’Université de McGill. Dr. Mazigh a travaillé à l’université d’Ottawa et a également enseigné à l’Université Thompson Rivers à Kamloops en Colombie-Britannique. Dr. Mazigh est devenue célèbre aux yeux du public en 2002 quand son mari Maher Arar, a été déporté en Syrie où il était détenu sans aucune accusation et torturé pour plus d’un an. Durant ce temps, Dr. Mazigh a livré un combat inlassable pour faire libérer son mari et a lutté sans relâche pour rétablir sa réputation et demander réparation. (Source)

Tran Huynh Duy Thuc, vous ne me connaissez pas. Avant de vous écrire cette dédicace de mon livre, je ne vous connaissez pas non plus. 

Notre lutte pour la justice est notre point commun. Nous nous rencontrons à travers les mots et notre quête mutuelle et éternelle pour la justice. 

J’ai grand espoir que nous nous connaitrons, un jour, dans un monde meilleur où il n’y aurait pas d’arrestation abusive, d’emprisonnement politique et de torture. 

Dans un monde dont je rêve chaque nuit et qui me désenchante chaque jour. 

Dans un monde où je vous verrai heureux en compagnie de votre épouse et de vos deux filles, en liberté, souriant et continuant « le Chemin du Vietnam » que vous avez déjà entamé en 2008 et pour lequel vous avez été arrêté. 

Ce chemin qui mène vers la liberté est semé d’embuches et vous le savez mieux que moi, puisque vous vous trouvez aujourd’hui dépossédé de votre propre liberté.

Tran Huynh Duy Thuc, aujourd’hui je vous écrit ces lignes assise devant mon bureau au Canada, et je suis libre mais cela n’a pas toujours été le cas. Mon pays natal est la Tunisie. Un pays pauvre et qui a vécu pendant de longues décennies sous la dictature et la répression politique. Je n’avais pas votre courage. Je l’ai quitté. Mais, mon pays est resté gravé dans mon cœur. Comment peut-on oublier les ruelles qui nous ont vu jouer du matin au soir, les personnes qui nous ont vu souffrir et celles qui nous aiment encore? Comment les oublier? 

C’est pour garder ces images que j’écris des livres. Les mots font la mémoire. J’écris des livres pour ne pas oublier. Mais aussi pour partager mon espoir éternel. Celui qui me donne chaque jour une petite dose pour avancer, un pas puis un autre et puis un autre.

Tran Huynh Duy Thuc, votre histoire m’inspire. Elle me donne des ailes. Des ailes qui me poussent à la hâte pour que je vole jusqu’à chez vous, dans votre cachot sombre, dans votre coin éloigné, pour vous lire ces quelques mots et ces quelques phrases, que je souhaite raviver votre flamme et la laisser allumée à jamais. 

Monia Mazigh

LIVRES COMME L'AIR

Dans le cadre du projet Livres comme l’air, des écrivains québécois témoignent leur solidarité à des écrivains emprisonnés ou menacés à travers le monde en leur rédigeant des dédicaces. 

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