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Climat : pour une reprise juste et équitable !

L’urgence climatique menace la survie de l’humanité et la jouissance de tous leurs droits humains, pour les générations actuelles et futures. 

La crise de la COVID-19 a canalisé l’attention des gouvernements, à juste titre, vers la réponse à l’urgence de santé publique et aux impacts économiques qui s’en sont suivis. Toutefois, la crise de la Covid-19 n’a pas fait disparaître la crise climatique. 

Même si la crise climatique est un enjeu mondial qui affecte tout le monde, elle affecte de façon disproportionnée les personnes et les groupes soumis à des formes multiples et croisées de discrimination et d’inégalités structurelles, particulièrement les peuples autochtones, au Canada et ailleurs dans le monde, et les populations des pays en développement qui sont les premiers et les plus durement touchés par la crise climatique, alors qu’ils en sont les moins responsables.

Ces impacts disproportionnés se manifestent surtout dans le Grand Nord, dans les pays les moins développés et dans les petits États insulaires de faible élévation, non seulement à cause de leur forte exposition aux désastres climatiques, mais aussi pour des raisons politiques et socioéconomiques sous-jacentes, dont les conséquences de la colonisation, qui amplifient les impacts de ces événements.  

Les plus grands experts du climat ont annoncé qu’il fallait réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre de 45 % d’ici 2030 si l’on veut éviter des conséquences climatiques extrêmement catastrophiques pour les personnes et pour leurs droits. Les pays doivent soumettre leurs cibles de réduction d’émissions d’ici le 31 décembre 2020.

C’est le moment de déterminer l’avenir que nous souhaitons ! 

Envoyez cette lettre au ministre de l'Environnement et du Changement climatique, M. Wilkinson pour lui demander :

  • De mettre les personnes et le climat au centre des plans de relance économique post pandémique, afin que ces plans contribuent à redresser les inégalités et les injustices systémiques comme celles basées sur le genre, la race, l’origine ethnique, etc.; 
  • D’inclure les peuples autochtones, leurs droits, leurs responsabilités et leurs savoirs dans le  développement des politiques sur le climat; 
  • D’adopter des plans de « transition juste », garantissant que toutes les personnes qui pourraient perdre leur emploi à cause de la transition énergétique puissent trouver des moyens alternatifs de gagner leurs vies, et qu’une énergie fiable, durable, et abordable soit disponible pour tous;
  • D’adopter des mesures d’adaptation adéquates afin d’aider les personnes à faire face aux impacts inévitables du changement climatique; 
  • De prévoir un financement climatique suffisant pour aider les pays du sud à réduire leurs émissions; 
  • D’éliminer rapidement la production et la consommation de combustible fossile;
  • De protéger le droit de manifester ainsi que les personnes qui défendent les droits humains; et 
  • De garantir un droit de réparation aux personnes dont les droits sont affectés par les changements climatiques ou par les mesures pour y remédier.

COURRIEL

Monsieur le Ministre Wilkinson,

L’urgence climatique menace la survie de l’humanité et la jouissance de tous leurs droits humains, pour les générations actuelles et futures. 

Comme vous le savez, toutes les parties signataires de l’Accord de Paris sur le climat doivent soumettre une mise à jour de leurs plans nationaux de réduction d’émissions (les Contributions déterminées au niveau national – CDN) en 2020. Je vous écris aujourd’hui pour vous demander de fixer des cibles qui soient cohérentes avec les avis scientifiques fournis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, et avec l’impératif de maintenir la hausse globale des températures à un niveau aussi bas que possible, et au maximum de 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels. 

Il est important de reconnaître que les pays ne sont pas également responsables de la crise climatique. Au Canada, les émissions par habitant sont parmi les plus élevées au monde. Il est primordial que les pays riches et industrialisés comme le Canada prennent le leadership de la réduction des émissions en « décarbonisant » leurs économies plus rapidement que les pays du sud. Nous devons donc réduire nos émissions de 50 %, bien avant 2030. 

Il est tout aussi primordial que les réductions d’émissions du Canada se fassent en tout respect des droits humains. 

Il est essentiel d’abandonner aussi vite que possible notre économie basée sur le carbone. Toutefois, il est tout aussi crucial que ce changement soit juste pour tout le monde et qu’il contribue à favoriser l’exercice des droits humains pour tous – pour une transition réellement juste. 

Les gouvernements ont concentré leurs énergies, à juste titre, à répondre à la crise de santé publique provoquée par la COVID-19. Toutefois, cette crise de la Covid-19 n’a pas fait disparaître la crise climatique. Il ne faut pas que nous utilisions cette pandémie comme excuse pour retarder indûment l’action climatique.