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Mexique

Les invisibles

Les invisibles au Mexique
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Campagne terminée
Dates de la campagne 
Du 1/01/2011 au 1/04/2011

« On n'imagine pas, quand on entreprend ce voyage, que nos rêves puissent virer au cauchemar en quelques secondes [...] Le soldat m'a attrapée par la main et m'a dit d'avancer dans les broussailles. Il m'a conduite loin de la ligne de chemin de fer, à un endroit où nous étions complètement seuls. Il m'a demandé d'enlever mes vêtements pour voir si je dissimulais des stupéfiants. Il a dit que si je faisais ce qu'il me demandait il me laisserait partir. »

Récit de Margarita (le prénom a été changé), migrante salvadorienne de 27 ans, agressée sexuellement par un soldat.

Témoignage recueilli par Amnistie internationale, juin 2009.

Les autorités mexicaines doivent prendre des mesures pour mettre fin aux atteintes aux droits humains que subissent en permanence les migrants qui sont la proie de bandes criminelles tandis que des fonctionnaires de l’État ferment les yeux, voire participent directement aux enlèvements, viols et meurtres.

Le rapport d’Amnistie internationale intitulé « Des victimes invisibles : Protéger les migrants au Mexique », fait état du niveau alarmant des atteintes aux droits humains subies par les dizaines de milliers de migrants en situation irrégulière originaires d’Amérique centrale qui tentent chaque année de gagner les États-Unis en passant par le Mexique.

En août 2010, 72 migrants ont été massacrés dans l’État de Tamaulipas. Pour les seuls 6 premiers mois de 2009, il a été dénombré plus de 10 000 enlèvements. Les trafiquants leur demandent alors un numéro de téléphone pour des rançons, sinon ils sont souvent torturés. Comme leur vie, leur mort importe peu et il est très difficile d’avoir des chiffres exacts de l’ampleur de cette terrible situation. De plus les familles ne reçoivent pas d’information sur le sort de ceux et celles partis et vivent dans l’angoisse. Porter plainte pour la famille ou pour ceux qui ont subi des violations est extrêmement difficile : leur situation irrégulière, l’indifférence des forces policières voire leur complaisance ou complicité, l’indifférence de la population sont autant d’obstacles.

Le rapport d’Amnistie internationale demande que des mesures soient prises immédiatement pour garantir l’accès des migrants à la justice quelle que soit leur situation et pour que des enquêtes efficaces soient menées.

Le gouvernement mexicain a souvent affirmé son engagement à protéger les droits des migrants, quelle que soit leur situation au regard de la loi, et il est l’un des premiers à promouvoir les droits des migrants sur la scène internationale.

Malgré certaines mesures positives ces dernières années, comme par exemple une meilleure protection des droits des mineurs non accompagnés et la criminalisation du trafic d’êtres humains, il est rare, en réalité, que les autorités arrivent à prévenir et sanctionner les atteintes contre les migrants.

Autres informations 

Des films vous aideront à mieux faire saisir la problématique de la migration au Mexique. Pour cette campagne, Amnistie internationale a produit quatre petits films spécialement pour la campagne. Ils ont été réalisés par le célèbre acteur mexicain Gael Garcia Bernal.

Les Invisibles rassemble quatre courts-métrages :

Seaworld :
Des migrants espèrent ardemment atteindre les États-Unis ; une petite fille qui effectue le voyage avec
sa famille rêve de visiter le parc d’attraction Seaworld. Tourné dans un abri pour migrants dans le sud
du Mexique, ce film montre les dangers qui les guettent.

Six sur dix :
Gael García Bernal parle avec trois femmes venues du Honduras qui ont entrepris ce périple en quête
d’une vie meilleure pour leur famille. Elles prennent de grands risques. Sur dix femmes qui tentent
d’effectuer ce voyage, six sont victimes d'agressions sexuelles.

Ceux qui restent :
Leurs proches restés dans différents pays d’Amérique centrale ne sauront peut-être jamais ce qui est
arrivé aux personnes qui ont décidé de partir. Au Salvador, une mère parle de son désespoir : elle
ignore où se trouve son fils, parti dix ans auparavant pour les États-Unis. Il avait dit qu’il l’appellerait
12 jours après son départ.

« But ! » :
Malgré les dangers et les risques, les migrants ne cessent d’affluer. Ils dorment dehors, mendient pour
obtenir de quoi manger et, en guise de transports, ils sautent sur les trains de marchandises en
marche et s'accrochent à l’extérieur des wagons. Nombre d’entre eux sont gravement blessés mais il y
en aura toujours qui seront prêts à braver les dangers du voyage.

Mis à jour le mardi, 1 octobre 2013